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Carte Blanche à la jeune photographie – Lara Balais et Hélène Canaud.

22 août - 2 septembre

Bagyeli  de Hélène Calaud

U travail réalisé par la photographe Hélène Canaud avec des représentants de l'ethnie Bagyeli vivant au sud du Cameroun, dans une dizaine de campements disséminés dans la brousse.  

Née en 1987 à Manosque, France ; Hélène Canaud vit et travaille à Arles. Elle est diplômée d’un BTS de Photographie à Paris et de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Depuis son environnement immédiat jusque dans des voyages lointains et intimes, elle s’attache à travers le portrait photographique à traiter en profondeur de thématiques sociales et humaines. Son approche se base sur la rencontre et la relation et tend à interroger notre rapport avec l’altérité ainsi que nos capacités empathiques et identificatoires. Depuis sa sortie de l’ENSP en 2012, elle participe à de nombreuses publications, expositions personnelles et collectives à Marseille, Arles, Avignon, avec le GdRA, Virgilio Sieni, le théâtre d’Arles, etc. http://helene-canaud.com/

L'exposition

Les communautés forestières d’Afrique Centrale partagent les territoires demeurés sauvages de la forêt équatoriale du bassin du Congo, qui s’étend sur le Cameroun, la République du Congo, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Gabon. Aucun pays africain concerné n'est signataire de la Convention numéro 169 de l'Organisation internationale du travail relative aux peuples indigènes et tribaux. Si les États intéressés venaient à ratifier ledit texte, ils s'engageraient alors à reconnaître comme autochtone le peuple pygmée. Le travail présenté ici a été réalisé avec des représentants de l’ethnie Bagyeli, vivant au Sud du Cameroun, dans une dizaine de campements disséminés dans la brousse. « Le chemin à travers la forêt n’est long que si l’on n’aime pas les gens à qui l’on va rendre visite.» Ce proverbe africain remonte régulièrement à ma conscience depuis que j’ai entamé ce travail en 2014. Chasseurscueilleurs, les Pygmées appliquent pour leurs remèdes des recettes séculaires basées sur les vertus de la flore environnante. L’Europe, les Etats Unis, la Chine y ont d’autres intérêts : pipe-line, port en eaux profondes, exploitation forestière, minière, plantations d’hévéas et de palmiers à huile. Si certains Bagyeli ont déjà été séduits par des situations sédentaires mais précaires en ville, beaucoup encore nous rappellent qu’ils font corps avec la jungle. Ils ont créé une enceinte mystique impénétrable, dense comme la végétation qui enserre leurs campements, un rideau magique, un filtre entre eux et l’hypermodernité. 

SURVILLE de LARA BALAIS

La rue de Surville s’étend à la limite entre Lyon et Saint Fons, aux confins de la métropole lyonnaise, coincée entre une centrale électrique et le boulevard périphérique. Dans cet espace en tension, chaotique, à la fois dans et en dehors de la ville, « Surville », «sur-la-ville», une communauté de gens du voyage s’est sédentarisée depuis plus de vingt ans sur une aire d’accueil. Ce travail se pense comme la cristallisation de questionnements sur les limites de la ville –où commence-t-elle, où finit-elle ? Est-ce que ce lieu, « Surville », y appartient encore ? Sur ses excroissances urbaines souffrantes, ses espaces mis au rebut, marginalisés, situés dans un entre-deux confus sur lequel achoppe le langage. Questionnement sur l’assignation à résidence dans cet endroit précis de groupes sociaux minoritaires. Sur la mise à l’écart spatiale et sociale qui se joue sur ce territoire, où même ici la présence de ces gens n’apparaît pas forcément comme légitime. Questionnement, de ce fait, sur les politiques publiques régissant l’aménagement de l’espace urbain, reléguant à ses confins certaines communautés, comme des nuisances sociales à exclure d’une certaine idée de la société.

Questionnement sur la ville gestionnaire, qui cherche à contrôler, qui parque, découpe, exclut. Questionnement, enfin, sur cette communauté même vivant sur ce territoire. Sur la manière dont ces gens du voyage qui ne voyagent plus s’y enracinent et se l’approprient. Essaient de construire quelque chose de durable dans cet espace singulier voué initialement au transit. Questionnement sur la vie et le devenir de ces gens, sur ce que c’est que d’être gens du voyage aujourd’hui. Et, finalement, sur ce que c’est que d’habiter, de s’approprier un espace, de se sédentariser. Cet ensemble de questions se donne ici à voir visuellement, sans forcément avoir de réponses à y apporter. A la fois proposition spécifique et universelle –toutes les villes ont leur « Surville »-, le portrait de ce territoire et de cette communauté s’inscrit dans une démarche documentaire laissant la part à la critique et à la poésie. Lara BALAIS

Lara Balais Née en 1991 à Chambéry, France ; vit et travaille à Lyon. Issue d’une formation en anthropologie, elle est jeune diplômée de l’Ecole de Photographie et d’Image Contemporaine Bloo (Lyon). Ses travaux photographiques s’inscrivent dans des problématiques sociales, urbaines et environnementales, qu’elle cherche à explorer de manière visuelle dans une optique documentaire.

 

Details

du 22 août au 2 septembre

Lieu

Docks d’Arles
44 rue du Docteur Fanton
Arles , 13200
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